mardi 21 juin 2016

Crash d'un CASA C-212-400 de la police maritime (16/06/2016)

Faut-il y voir une loi des séries? Le 16 juin 2016 en milieu de journée, un avion de surveillance maritime de type CASA C-212-400, appartenant à la brigade 918 de la police maritime (gardes-côtes), s’est écrasé à une soixantaine de kilomètres de l’île de Bạch Long Vĩ, dans le golfe du Tonkin.

L’appareil, qui porte l’immatriculation 8983, était l’un des trois CASA C-212-400 achetés par la police maritime auprès d’Airbus Industries (avec les nmr 8981 et 8982). Construit à Séville (Espagne), il avait rejoint Gia Lâm le 16 juillet 2013.

Il était engagé dans les opérations de recherche du second pilote du Su-30 MK2 qui s’était abîmé au large des côtes du Nghệ An deux jours plus tôt.
Si des débris de l’appareil ont été très rapidement découverts sur le site du crash par les nombreux moyens déjà engagés dans les opérations de secours, aucun des neuf membres d’équipage (dont six officiers) n’a encore été découvert, laissant craindre leur décès.
Tout comme lors du crash du Su-30, un officier de premier plan figure parmi les victimes : le colonel supérieur Lê Kiêm Toàn, commandant la brigade 918 (basée sur l'aéroport de Gia Lâm, Hanoi), était aux commandes du CASA. Originaire de Hanoi, âgé de 56 ans, il était marié et père de deux filles. En mars 2014, il avait notamment participé aux opérations de recherche du vol MH-370 de la Malaysian Airlines (disparu le 08 mars 2014).
Les causes du crash ne sont pas connues. Parmi les plus plausibles figurent une défaillance technique, mais aussi une défaillance de l’équipage dans des conditions météorologique délicates.
En tout état de cause, cette catastrophe humaine souligne le parcours qui reste encore à accomplir à ces unités jeunes, qui doivent acquérir la parfaite maîtrise de matériels modernes, acquis en nombre restreint – seuls trois CASA C-212 ont été achetés par le Viêt Nam – auprès de nations occidentales. Si l’armée populaire tente de profiter de toute opportunité d’interactions avec des partenaires occidentaux – notamment lors des escales et visites de détachements étrangers – pour renforcer ses savoir-faire en matière de secours en mer, l’une des priorités de l’état-major général des armées, le chemin semble encore long avant que toutes les compétences soient optimales.
A la demande du général de corps d’armée Nguyễn Chí Vịnh, vice-ministre de la défense, la Chine a accepté d’engager plusieurs bâtiments militaires et des gardes-côtes dans les opérations de recherche, et a autorisé les unités vietnamiennes à pénétrer dans son espace aéromaritime – l’île de Bạch Long Vĩ étant l’un des points délimitant la frontière maritime entre les deux pays dans le golfe du Tonkin. Une lueur d'optimisme dans un environnement qui demeure bien souvent tendu en mer et au-dessus de la mer "de l'Est".

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